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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 15:14

 

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Je poursuis ma lecture des aventures de Pendergast avec Le Grenier des Enfers, le deuxième volume qui est une suite immédiate de Relic, chroniqué ici.


Des meurtres mystérieux dans les sous-sols de Manhattan ! Deux cadavres mutilés sont repêchés dans les égouts de New York par la brigade fluviale... Les marques retrouvées sur les corps inquiètent les autorités... D'autant qu'au même moment une série de meurtres de sans-abri plonge la ville dans une psychose collective. Le criminel ? Ni un homme ni un animal... Le flegme et l'intelligence d'Aloysius Pendergast suffiront-ils à apaiser les esprits ? Son enquête mènera l'inspecteur du FBI dans un dédale de stations de métro désaffectées et de galeries souterraines... jusqu'au " Grenier des Enfers ", là où se cache peut-être le secret du monstre.


Tout commence par une terrifiante scène de plongée : un jeunot de la brigade fluviale de New York est envoyé repêché dans des eaux immondes un paquet d’héroïne…et tombe, en guise de cadeau de bienvenue, sur deux squelettes décapités…l’arrivée du Lieutenant d’Agosta, personnage récurrent de la série, lance l’intrigue et fait le lien avec Relic : les traces de morsures retrouvées sur les cadavres ne rappellent-elles pas étrangement les crimes qui ont terrifié le Muséum d’Histoire Naturelle de New York un an plus tôt ? Le lecteur de Relic fait d’ailleurs tout de suite le lien avec le dernier chapitre de ce premier volume, qui se termine sur un cliffhanger et laisse clairement attendre une suite…


L’enquête est très vite mise en place et comme toujours avec ces auteurs, l’intrigue avance à plein régime. On retrouve, en plus de d’Agosta, le journaliste Smithback, la chercheuse Margo Green, et bien sûr l’inspecteur Pendergast, qui fait dans Le Grenier des Enfers une entrée particulièrement fracassante et surprenante. C’est également la première apparition de Laura Hayward, que l’on retrouvera avec plaisir dans les tomes suivants.

Suite au meurtre de plusieurs sans-abris, les investigations se dirigent vers les sous-sols de la ville de New York, dans lesquels une société parallèle s’est mise en place, avec différents groupes qui ne se croisent qu’à peine ou rivalisent. La peinture de ce monde est réussie, évocatrice, étouffante, même si je n’en ai pas tellement goûté l’originalité pour avoir lu La Promesse des Ténèbres de Maxime Chattam, qui exploite lui aussi le monde new yorkais souterrain. Cependant, on reste un peu trop dans ce monde-là à mon goût : en fait, le rôle, majeur dans d’autres volumes, du Muséum d’Histoire Naturelle de New York est ici très léger et cela m’a un peu manqué (cela dit, il est totalement absent dans les Croassements de la Nuit, que j’ai adoré et que je chroniquerai bientôt…).

De plus, le dénouement se laisse un peu trop facilement deviner à mon goût (dès qu’on a l’habitude de ces auteurs du moins), et on sent que le personnage de Pendergast est encore en travail, il n’a pas toute la finesse qui le caractérisera ensuite…et le traducteur a choisi de lui faire tutoyer d’Agosta, ce que je trouve presque hérétique !


Bref, Le Grenier des Enfers offre un agréable moment de lecture, mais n’a pas du tout la force ni le côté ludique d’autres romans de la même série… à réserver aux aficionados de Pendergast qui ne veulent pas en perdre une miette !  

 

 

Petit récapitulatif enfin des différents volumes des aventures de Pendergast… avec les liens vers les articles concernant ceux que j’ai déjà chroniqués…

-           Relic

-          Le Grenier des Enfers  

-          La Chambre des Curiosités

-           Les Croassements de la nuit

Trilogie Diogène :

-          1. Le Violon du diable

-          2. Danse de mort

-          3. Le livre des trépassés

-          Croisière maudite

-          Valse macabre

-          Fièvre mutante

 

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 10:14

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Ce livre m’a été offert dans le cadre d’un partenariat entre Livraddict et les éditions Folio : je les en remercie !


Jeune médecin idéaliste, employé par l’ambassade des États-Unis et, de temps à autre, par l’antenne mexicaine de la CIA, Collin Reeves soigne les touristes américains souffrant de turista, travail qui lui laisse du temps libre pour se consacrer à son autre passion, la peinture. Appelé un jour au chevet de Dolores Rios, jeune femme aux origines mystérieuses, Collin en tombe éperdument amoureux. Mais il découvre rapidement qu’elle n’est pas qui elle prétend être et qu’il pourrait faire obstacle au but qu’elle s’est fixé... Alors que la CIA a vent d’un complot terroriste contre les intérêts américains, ses agents demandent à Reeves de maintenir en vie les suspects torturés afin de pouvoir les interroger. Écartelé entre son serment de médecin, son patriotisme et son amour pour Dolores, Collin, jusqu’alors aimable dilettante, va devoir choisir son camp...


Ayant eu un peu de mal à avancer dans ce livre, je vais dérouler les différents aspects que j’ai appréciés ou regrettés, dans l’ordre de ma lecture : je ne parviens pas en effet à avoir une impression d’ensemble qui pourrait se résumer en quelques mots.


Première chose – qui peut paraître mineure mais qui m’a réellement gênée tout au long de ma lecture et l’a rendue laborieuse -, j’ai un peu regretté le côté « masculin » du livre : dès qu’un homme y croise une femme, on a droit à tous ses fantasmes à son égard – bien évidemment d’ailleurs, le héros, Collin Reeves, est un homme séduisant – et cela sans grande originalité… C’est particulièrement répétitif au début du livre, et un peu lassant à la longue.

Du même coup, la rencontre cruciale, celle entre Collin et Dolores, est retardée, d’une manière pas tellement justifiée à mon sens. De plus, cet aspect un peu « facile » affaiblit certains passages dont le fond est pourtant profond – je pense par exemple au moment où Dolores, fébrile, essaie de cerner Collin, passage où il y a de belles réflexions sur la faiblesse et la mort et de légers indices sur les zones d’ombre du personnage de Dolores : je trouve dommage de les avoir entrecoupés de banalités.


Une fois que la rencontre cruciale entre Dolores et Collin a eu lieu, le livre devient plus intéressant : le doute sur Dolores s’établit d’une manière subtile et progressive, et inquiète efficacement le lecteur quant à la suite des événements. On navigue entre le point de vue de Collin et celui de Dolores, ce qui nous donne une agréable longueur d’avance sur les personnages.


A partir de là, le scénario devient intéressant et les différents rebondissements, que je ne veux pas détailler pour ne pas vous gâcher la surprise, posent des questions profondes et passionnantes : Collin se retrouve en effet tiraillé entre le serment d’Hippocrate, et son serment envers la CIA et son pays, tout cela dans un contexte très actuel puisqu’il est question des agissements d’Al Qaida et la guerre d’Irak.


Et finalement, les personnages comme l’intrigue gagnent en complexité comme en profondeur, chacun étant confronté à un dilemme personnel insoluble. La dimension un peu simpliste du début s’efface au profit de réflexions réelles… même si je reste assez peu convaincue par certains passages moins originaux qui affaiblissent l’ensemble et m’ont plusieurs fois donné envie d’abandonner le livre…


Mais j’ai poursuivi, et sans le regretter : malgré des aspects un peu faciles parfois, Le Serment est un livre intéressant, qui a le mérite de poser des problèmes complexes et universels à la faveur d’une intrigue plus classique… C’est une lecture que je ne regrette pas, même si elle n’est pas non plus incontournable !

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 14:50

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Une équipe d'archéologues massacrée en pleine jungle amazonienne... Les caisses contenant leurs découvertes acheminées au Muséum d'histoire naturelle de New York... et oubliées dans un sous-sol.

Quelques années plus tard, le musée annonce une exposition consacrée aux superstitions et croyances mystérieuses des peuples primitifs. Mais les préparatifs sont troublés par une série de crimes aussi sanglants qu'inexplicables.

Le criminel : un homme ou une entité inconnue ?

Une menace terrifiante hante les couloirs et les salles du Muséum, un meurtrier d'une force et d'une férocité inouïes. On parle même d'un monstre. De quoi éveiller la curiosité d'Aloysius Pendergast, du FBI, expert en crimes rituels...

J’avais déjà parlé ici de la Chambre des Curiosités, et décidément, ma boulimie des Preston & Child se confirme ! J’ai décidé de lire dans l’ordre toute la série des enquêtes d’Aloysius Pendergast : Relic est la première.

L’intrigue est vraiment très simple : mais qui donc, au Muséum d’histoire naturelle de New York, massacre des gens, boulotte leur cervelle et laisse traîner leurs intestins sur les escaliers alors qu’une énorme exposition sur les superstitions doit s’ouvrir ? Oui, oui, ça fait intrigue de série B (et d’ailleurs l’adaptation ciné m’a l’air d’être un « chef d’œuvre » du genre, en plus y’a même pas Pendergast dedans…bouh…), mais comme toujours, tout est là pour rendre les choses ultra-prenantes : le journal de voyage mystérieux qui ouvre le roman, les passages pleins d’explications scientifiques sur l’ADN des geckos ou les coutumes de peuples amazoniens reculés, la présence toujours aussi charmante de Pendergast, un style sans défauts, et un génial art du suspense. Les personnages qui seront repris dans les tomes suivants sont déjà bien en place : on croise William Smithback, par exemple, le journaliste audacieux mais mal dégrossi, ou Margo Green, la charmante étudiante surdouée de l’un des pontes du Muséum, ou bien sûr le lieutenant d’Agosta, le flic irrévérencieux mais généreux…sans parler de Pendergast, qui a déjà toute sa classe, tout son décalage, toute son érudition, même s’il est dans Relic un personnage assez secondaire.

Alors, oui, ces personnages semblent un peu cliché ("semblent" seulement : ils sont réellement singuliers et attachants), oui, l’intrigue apparaît peu passionnante…mais Preston & Child ont le talent de vous balader dans le Muséum comme si vous y étiez, et de vous raconter des histoires comme on raconte des histoires aux enfants, en faisant tout ce qu’on peut pour leur faire plaisir et/ou peur…Et qu’est-ce que c’est bon !!

 

            Et pour le plaisir, une des première salves de Pendergast, qui vient de se prendre le bec avec la direction du Muséum… :


       Pendergast hocha la tête.

-          Messieurs, Madame, j’ai bien l’honneur de vous saluer.

Sur quoi il tourna les talons et quitta la pièce sans un mot. Après avoir calmement refermé la porte derrière lui, il s’arrêta un instant au secrétariat, puis, en regardant la porte, il cita ces vers :


Adieu ! J’aurai reçu, sans les avoir volés,

Trois fois les coups de bâton que j’ai donnés.

 

La secrétaire de Wright d’arrêta net de mâcher son chewing-gum.

-          Qu’est-ce que vous dites ?

-          Rien, c’est du Shakespeare, dit Pendergast en filant vers l’ascenseur.

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 15:13

 

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…Encore une lecture que je dois au site Blog-o-Book, en partenariat avec les éditions Michel Lafon, et je les en remercie vivement !


Octobre 1963 : Chandler Forrestal, jeune étudiant fauché, n'aurait jamais dû entrer dans ce bar. Il n'aurait jamais dû parler à cette belle brune, ni lui offrir un verre. Car la CIA l'a choisi comme cobaye d'une « expérience » destinée à tester les effets du LSD sur l'esprit humain. Forrestal en ingère une dose massive, et développe d'effrayants pouvoirs psychiques : hyper-vigilance, lecture dans les pensées, prise de contrôle du cerveau, ou capacité à provoquer des hallucinations… Il dévoile ainsi un complot visant à assassiner le président Kennedy. Forrestal devient l'homme à abattre.


Voici un livre très attendu en librairie apparemment – j’en ai vu plusieurs exemplaires dans ma petite librairie de province -, dont l’auteur est le scénariste de la série Heroes, Tim Kring, aidé par Dale Peck.

C’est un livre qui part d’une idée originale et d’ailleurs bien exploitée par l’auteur : celle que le LSD aurait pu être sciemment utilisé par les services secrets pour manipuler le monde (au sens large !) dans les années 60 aux Etats-Unis. C’est d’ailleurs pour cette idée que le livre m’a intéressée : comment en effet conditionner un scénario à partir de là ? Et comment traduire littérairement un trip sous LSD ?

Puisque le thème des « paradis artificiels » a déjà été abordé par de très grands auteurs – Baudelaire, Cocteau, Michaux…- que j’apprécie, j’étais très curieuse de voir ce que cela donnerait sous la plume d’un spécialiste en scénarios, et dans un contexte plus proche de nous. D’ailleurs, en parlant du contexte,  il est question de grandes dates de l’histoire des Etats-Unis : la crise de Cuba, la Guerre Froide en général, le mandat de Kennedy, ses liens avec la mafia et son assassinat… Pour goûter vraiment le livre, mieux vaut donc  se remettre tout cela en tête : le roman prend d’ailleurs alors un sympathique goût d’uchronie, même si cet aspect du livre est sans doute beaucoup moins frappant pour un lecteur français que pour un lecteur américain, qui, lui, connaît par cœur les théories autour de la mort de JFK.

Et j’ai justement beaucoup apprécié les « passages sous LSD », si vous me passez l’expression : ils donnent lieu à des images frappantes et délicieusement psychédéliques - j’ai particulièrement aimé les « voyages » que Chandler fait dans la pupille de Naz, fascinant personnage féminin, au début du roman… Ce sont des parties soignées, bien écrites, dont les images restent gravées longtemps après la lecture.

Le reste est plus classique, avec, comme souvent, deux narrations parallèles, l’une concernant Chandler Forrestal et l’autre, les agissements des services secrets. Les parties centrées sur Chandler sont très intéressantes, elles constituent à mon avis les meilleurs passages du roman : il est très beau de voir ce personnage se perdre peu à peu, et avoir des flashs de lucidité tragique. Le reste est de qualité mais moins original : il s’agit de complots politiques, menés ou combattus, entre autres, par la CIA, avec toute une équipe d’agents secrets plus ou moins terrifiants – parmi lesquels le terrifiant Melchior, très réussi, et la redoutable tenancière d’une maison de passe de luxe, Mme Song. Si les personnages sont généralement intéressants, l’intrigue elle-même m’a moins passionnée, sans doute en partie parce que le contexte historique dont il est question m’est assez indifférent.


En bref, La porte d’Orphée est une lecture agréable ; c’est un livre bien construit, bien scénarisé, avec de beaux passages lorsque l’on suit le personnage de Chandler Forrestal, mais ce n’est tout de même pas un livre extrêmement marquant, peut-être à cause de l’intrigue peu originale, bien que plutôt réussie, autour des services secrets et de la réécriture de la théorie du complot autour de Kennedy.

 

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 17:17

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            Blog-O-Book a organisé, en partenariat avec les éditions du Cherche-Midi un partenariat consacré à l’auteur Steve Berry, auteur de thrillers historico-ésotériques, genre dont je suis particulièrement gourmande... Par le résumé alléchée, j’ai postulé et ai donc reçu le Mystère Napoléon, dernier livre de l’auteur… Et j’en remercie chaleureusement BoB et les éditions du Cherche-Midi !

   

             Le résumé, comme je le disais, m’a paru prometteur :

             Lors de sa mort en 1821 à Saint Hélène, Napoléon emporta dans sa tombe bien des secrets. Durant ses années de conquête, il avait en effet mis la main sur de nombreuses richesses mais aussi sur des archives occultes. En particulier celles du Vatican et des Chevaliers de Malte. C’est à la quête d’un des secrets de l’Empereur, peut-être le mieux gardé, que se lance cette fois Cotton Malone. Pour quelles raisons Napoléon a-t-il, peu de temps avant sa mort, demandé à son fidèle serviteur Saint Denis de remettre à son fils un ouvrage consacré aux Royaumes Mérovingiens ? Quels sont les secrets que renferme ce livre ? Et qu’en est-il de ces mystérieux documents que se sont disputés dans le plus grand secret l’Empereur et son ancien complice, devenu son ennemi juré, le Comte Pozzo di Borgio ? Du Paris historique à la Tour Santa Maria au Cap Corse, en passant par un mystérieux château de la Loire, Steve Berry nous propose encore une fois un fabuleux voyage en compagnie de Cotton Malone, plein de mystères, d’énigmes et de retournements.


En lisant cela, on s’attend à aller d’énigmes en énigmes, à apprendre des secrets historiques insolites (et plus ou moins véridiques, mais là n’est pas la question), à se creuser la tête pour décoder des textes anciens…mais, malheureusement, ce livre ne tient pas vraiment ses promesses à mon sens.

D’abord, les thèmes abordés vont dans tous les sens : Napoléon et les Pyramides, les Mérovingiens, le 11 septembre et les actions en bourse de Ben Laden , la tour Eiffel, un complot mondial visant à garantir aux plus grandes fortunes du monde la possibilité de spéculer à l’envi sans être repérable, la basilique Saint-Denis, et j’en passe…Mais qui trop embrasse mal étreint, et les liens entre ces différents éléments sentent l’artifice : tout finit par concorder, mais au prix de certaines lourdeurs. Autre défaut lié à cette grande variété de thèmes : rien n’est développé en profondeur, et on a bien souvent l’impression d’en rester à des a priori et de n’aller pas tellement plus loin que ce qu’une page Wikipedia pourrait nous proposer…

De plus, les énigmes sont finalement très peu nombreuses, répétitives, simplissimes et, du même coup, très rapidement résolues : les personnages rencontrent trop peu d’obstacles dès que les processus de résolution sont enclenchés, et le lecteur qui s’attendait à des énigmes érudites, tortueuses et passionnantes n’a plus qu’à  crier famine…

        En ce qui concerne la narration, on retrouve un procédé classique de ce genre de récits : plusieurs fils narratifs, concernant chacun un personnage différent, qui finiront par se rejoindre. Cela est plutôt clairement mis en place dès le début et ne pose donc pas de problème de compréhension, mais les personnages manquent de profondeur, si bien que l’on a vite fait de les mélanger… mais j’avoue avoir survolé rapidement certains passages ! Ce survol est dû au nombre de scènes d’action, entre attentats manqués et fusillades en lieux saints, qui manquent cruellement d’intérêt et sont surtout racontées d’une manière extrêmement plate…Comment peut-on dénouer un suspense de quinze pages par une phrase telle que « La bombe explosa. » ? (je ne gâche aucun suspense, vous croiserez plusieurs bombes au cours de la lecture…)

Car le style de l’auteur donne vraiment l’impression d’avoir été lu mille fois auparavant. Les ficelles stylistiques qu’il emploie sont grosses comme le bras : par exemple, l’illusion de l’action est créée par des phrases très courtes avec retours à la ligne systématiques…ou alors, on ménage un moment de silence des personnages avant une grande révélation, avec retours de ligne également… L’auteur semble également affectionner la narration en micro-paragraphes avec changements de points de vue…Cela fonctionne, sauf quand il raconte pour la seconde fois une scène, du point de vue d’un autre personnage, alors qu’il vient d’en donner le dénouement dans la première version !

Enfin, et c’est ma minute chauvine, j’ai trouvé le texte truffé de préjugés ou de connaissances superficielles sur la France … J’ai particulièrement aimé cette phrase, fournissant une description saisissante de la banlieue parisienne : « En-dessous s’étendait un vaste ensemble de champs, de forêts, de villages et de routes, typiques du paysage des environs de Paris. »… (et pourtant j’ai grandi non loin de la vallée de Chevreuse, où les arbres ne manquent pas !). Paris semble ici être un argument de vente pour le public américain – le titre original est The Paris Vendetta – mais Steve Berry ne semble pas avoir grand-chose à dire de cette ville par ailleurs.


D’une manière générale, on a l’impression que l’auteur a associé un peu au hasard des éléments disparates – c’est l’une de ses manières de travailler, il le dit lui-même dans sa note finale – en se donnant pour but de créer un lien romanesque entre eux, mais qu’il en est resté à une connaissance superficielle de ces éléments, qui ne permet pas de créer un roman convaincant et marquant. Si l’on associe cela à l’absence totale de style et à l’ennui qu’ont suscité chez moi les innombrables et interminables scènes d’action, on arrive à un roman que j’ai trouvé franchement décevant, à mille lieues des thrillers ésotériques érudits, complexes et réellement écrits d’autres auteurs…Je tenterai peut-être, cela dit, de lire d'autres livres de Steve Berry, la trame du Mystère Napoléon tournant autour du thème du monde de la finance et de ses dérives, sujet qui ne me passionne guère...En tout cas, je renouvelle mes remerciements à Blog-O-Book et aux éditions du Cherche-Midi pour ce partenariat ! 

 

Je vous invite à aller lire l'avis, plus positif, de l'Irrégulière, qui connaît mieux Steve Berry que moi !

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 16:56

        

chambre curiosite

 

 

 

       ...Il est rare que je relise un thriller mais pour celui-ci j'en suis déjà à ma...troisième lecture je crois ! et avec toujours le même plaisir. C'est bien simple : c'est à mon sens le thriller parfait, combinant meurtres en série troublants, enquête historico-bizarroïdo-savante dans un endroit fascinant - le Muséum d'histoire naturelle de New York, dont l'un des deux auteurs, Douglas Preston, est le rédacteur en chef des publications, c'est dire s'il connaît son sujet... - personnages attachants (aaah, l'inspecteur Pendergast... aaah, Constance....), dénouement génial flirtant sans s'y perdre avec le fantastique, avec un fil rouge séduisant : celui des cabinets de curiosités, ces collections privées dans lesquelles les curieux fortunés rassemblaient les objets les plus étranges...

 

            La quatrième de couverture vous en dira plus : "Manhattan. Les ouvriers d'un chantier de démolition découvrent avec horreur parmi les gravats des ossements humains. L'enquête menée par Pendergast, du FBI, l'archéologue Nora Kelly et le journaliste William Smithback établit qu'il s'agit des restes de trente-six adolescents, victimes d'un tueur en série, le Dr Leng, ayant sévi à New York vers 1880. Les jours suivants, plusieurs meurtres sont commis selon le mode opératoire de Leng. Se peut-il que ce dingue soit toujours vivant ? Ou aurait-il fait des émules ?"

 

      ...ça fait envie, non ? Sauf que vous n'avez encore rien vu... Alors, si vous avez envie de courses-poursuites terrifiantes dans les archives du Muséum d'histoire naturelle de New York, si l'idée de vous planquer dans un rhinocéros empaillé vous a toujours plu, si vous avez un goût pour les expériences chirurgicales douteuses mais dont la finalité est démente, et surtout si vous appréciez les bizarreries de tous poils tout en aimant les livres qui ne vous laissent pas une seule seconde pour souffler, la rencontre avec la Chambre des curiosités ne peut que vous séduire ! 

       Et si après tout cela vous devenez pendergastophile - et il y a de quoi, ce bonhomme est aussi attachant que le commissaire Adamsberg de Fred Vargas, dans un style...différent !, -  ne vous inquiétez pas, il revient dans plein d'autres livres de la même trempe, que je garde au chaud pour plus tard !

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 11:51

     hommesdepaille.jpg

 

 

 

      Aujourd'hui, un bon gros pavé des vacances : j'ai nommé la Trilogie des Hommes de paille de Michael Marshall, beau bébé de 989 pages dont je ne chroniquerai cependant que la première partie, publiée séparément sous le titre Les Hommes de paille. C'est un thriller dont les intrigues multiples et tortueuses sont le principal atout - mêlées à des scènes d'horreur appréciées par Stephen King himself...

       Le livre s'ouvre sur une spectaculaire tuerie dont on entendra pas reparler pendant longtemps, histoire d'échauffer le lecteur avant de passer aux choses sérieuses, et de lui fournir la première pièce de l'énorme puzzle qu'il va entamer. Puis plusieurs intrigues vont être mises en place dans les premiers chapitres : la mort tragique des parents du narrteur, Ward Hopkins, membre de la CIA, qui découvre en rentrant de l'enterrement qu'il est loin d'être au bout de ses peines - ses découvertes successives constituent d'ailleurs un des moments les plus saisissants du livre -, une enquête sur un serial killer dont le modus operandi consiste à enlever et tuer des jeunes filles pour ne rendre à leur parents qu'un pull sur lequel il a brodé leur nom à l'aide de leurs cheveux - certains chapitres nous font d'ailleurs partager de l'intérieur le supplice de l'un de ces jeunes filles -, et les mystérieux liens de ces deux intrigues entre un groupe qui se fait appeler les "Hommes de paille" et un mystérieux "Homme debout". Tout cela va petit à petit s'emmêler, jusqu'à aboutir, après un stimulant jeu de piste sur Internet, au noeud de l'intrigue, absolument terrifiant ! Un scénario très riche, donc, et dont je passe bien sûr le meilleur sous silence !

        Ce livre est plutôt une réussite. Il ne faut bien sûr pas s'attendre à s'en souvenir toute sa vie comme d'un choc artistique, mais certaines "surprises" du scénario sont à couper le souffle. Le rapprochement des intrigues se fait d'une manière subtile et progressive, et ces dernières mettent en jeu des idées franchement dérangeantes et intéressantes.  La narration est habile, certaines parties étant assumées par un narrateur-personnage - c'est Ward Hopkins lui-même qui nous raconte ses découvertes autour de la mort de ses parents, permettant un démarrage de l'histoire sur les chapeaux de roues -, d'autres par un narrateur extérieur. Le seul bémol concerne le style de l'auteur : si certaines parties sont bien écrites, originales et expressives, notamment lorsqu'il s'agit des émotions des personnages, beaucoup de passages d'action sont vraiment stéréotypés et perdent de leur force : j'ai eu l'impression d'avoir déjà lu mille fois certaines scènes pourtant importantes, dont l'écriture aurait mérité d'être rendue plus singulière.
En un mot, c'est un bon livre de divertissement, construit sur un excellent scénario, mais son écriture un peu plate m'a laissée sur ma faim...

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