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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 11:42

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J’avais eu beaucoup de plaisir à découvrir La Formule de Dieu de José Rodriguez Dos Santos, que j’avais chroniquée ici d’ailleurs. C’est donc tout naturellement que j’ai accepté la proposition des éditions HC, lorsqu’elles m’ont offert de m’envoyer le livre…Qu’elles en soient remerciées !


Cependant, mon billet ne sera guère élogieux. Le résumé faisait pourtant envie :

La célèbre paléographe Patricia Escalona est égorgée en pleine nuit dans la Bibliothèque vaticane, alors qu’elle y étudiait l’un des plus anciens manuscrits détenus par l’Église : le Codex Vaticanus. Près de son corps, le tueur a laissé un message codé. Tomás Noronha, travaillant sur la restauration des ruines du Forum de Rome, est appelé sur le lieu du crime par la police judiciaire italienne : il a été le dernier contact de la victime. L’historien émérite, expert en cryptologie, réussit à décoder le message du tueur et se laisse embarquer dans une enquête qui va très vite se compliquer. Un nouveau meurtre aux allures rituelles a lieu en Irlande, un autre en Bulgarie, deux nouveaux messages codés et toujours ces allusions aux Saintes Écritures. D’une victime à l’autre, d’un code à l’autre, Noronha est entraîné dans une analyse des textes bibliques particulièrement troublante. Une quête de la vérité qui va le conduire en Israël, sur les traces de la plus grande figure de l’humanité : celles de Jésus-Christ. Au fil d’une enquête haletante, José Rodrigues dos Santos propose d’aborder la vie du Christ sous un angle historique, quasi scientifique. Qui était vraiment celui qui a bouleversé le cours de l’Histoire ? Quels sont les faits que l’on peut considérer comme réellement avérés dans la Bible ? Et quels sont ceux travestis par le temps et les hommes ? Réalité historique et intrigue policière se mêlent avec grande intelligence pour faire de L’Ultime Secret du Christ un thriller qui va bouleverser les certitudes de chacun.


Un peu de Vatican et de paléographie, le retour de l’anti-héros Tomas Noronha, déjà présent dans La Formule de Dieu, une promesse d’enquête à rebondissements à travers le monde… : un bon thé, un bon feu de cheminée et en route, non ?


Oui, mais…certes, le livre nous parle bien de tout cela. Sauf que je n’ai jamais vu, pardonnez ma sévérité, de thriller construit d’une manière aussi grossière. Pour caricaturer, on passe un chapitre avec les gentils, puis un avec les méchants, et ainsi de suite jusqu’à la dernière page. Chaque chapitre se clôt sur un suspense gros comme une maison. Au début on se dit que bon, l’auteur n’a pas trop voulu se casser la tête pour maintenir la tension, et au bout d’un moment, on se demande si on ne va pas finir par quitter le pauvre Tomas pendu par les pieds au-dessus d’une cuve de lave en fusion, avec le méchant qui sort son canif en rigolant pour couper la corde, voyez ?


Autre grosse déception : le contenu « théologico-scientifique » : là où, dans La Formule de Dieu, j’avais trouvé très intéressantes les réflexions sur une possible métaphysique théologique et scientifique à la fois, on a, dans L’ultime secret du Christ, une énième broderie sur la descendance possible de Jésus, façon Da Vinci code. Déjà lu.


Moralité : un livre très…banal, et aux ficelles grosses comme des maisons. Une vilaine impression de « Tiens, mon éditeur m’a demandé un thriller ésotérique pour dans deux mois, bon, ben pas le temps de faire autre chose que de le réchauffer au micro-ondes… » - ben oui, j’ai fini par regarder Masterchef, fatalement…  

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 13:46

Je ne peux guère résister à l'appel des page turners ésotériques, c'est donc tout naturellement que je me suis jetée sur le dernier-né de Dan Brown, titillée en plus par la promesse d'un contenu ...dantesque et de promenades italiennes...:

 

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Pour faire court, Langdon, toujours lui, se réveille amnésique et blessé, et s'engage bien malgré lui dans un jeu de piste basé sur la Divine comédie de Dante... Je ne dis rien de plus, dans la mesure où les pérégrinations géographiques et les rouages essentiels du scénario sont conçus pour égarer et rebondir... Sachez simplement qu'on se balade pas mal, que les italianophiles seront ravis, ainsi que les amateurs de certaines énigmes historiques récentes...Demandez "Seracini" à Google pour en savoir plus, je refuse d'en prendre la responsabilité !

 

Mon verdict ?

C'est vraiment un bon page turner, difficile de le lâcher dès lors que l'on se trouve avec Langdon. L'intrigue secondaire, intriquée bien sûr dans celle qui concerne Langdon, m'a semblée moins passionnante, même si elle permet de faire la connaissance (indirecte) d'un fou dangereux à la méchant-de-James-Bond (Bardem style) dont on aurait cependant aimé qu'il prenne plus de consistance.

Cerise sur le gâteau, le scénario comporte de sympathiques surprises, même si parfois un peu parachutées.

Mais on prend du plaisir, ça c'est sûr !

 

Un petit bémol cependant sur la trop grande simplicité des énigmes. Quiconque a mis les pieds en Italie, voire a lu le Guide du Routard de certaines villes italiennes majeures en rêvant à des voyages futurs, peut trouver beaucoup de solutions bien plus vite que Langdon, qui est pourtant réputé maître es symbologie et se trouve ici contraint de piquer son Iphone à une vieille dame pour résoudre certains noeuds finalement pas si complexes que ça. On est content la première fois que l'on double Langdon dans une résolution, mais à la troisième fois on se dit que question documentation, Brown aurait pu se creuser un peu plus la tête.

 

Cela dit, on pousse quelques portes secrètes - celles dont on rêve d'avoir les clés quand on est touriste, et on croise un paquet de merveilles historiques.

 

A lire, donc, certainement, pour le plaisir...mais le livre ne méritait sans doute pas l'aura de mystère (les traducteurs au pain sec et à l'eau dans un bunker top secret, tout ça tout ça) dont il a fait l'objet lors de son lancement.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 08:39

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Un des rêves secrets de ma vie, c’est de n’avoir jamais lu le Nom de la Rose d’Umberto Eco pour pouvoir parcourir pour la première fois ce labyrinthe mental et littéraire jubilatoire qu’il représente pour moi... Je le lis tous les étés, rituellement, et j’espère aussi secrètement trouver un jour son équivalent…


Bref, tout ceci, plus mon goût pour la confrontation avec des thèses scientifiques complexes que je ne suis pas armée pour comprendre, m’a décidée à lire la Formule de Dieu… :


Printemps 1951, deux espions de la CIA épient une rencontre de la plus haute importance entre David Ben Gourion, « premier » Premier Ministre de l'État d'Israël, et Albert Einstein. L'objet de leur discussion : l'obtention de l'arme nucléaire par le jeune état juif et l'existence de Dieu.
Cinquante ans plus tard, Tomas Noronha, expert en cryptologie, est appelé au Caire par une mystérieuse jeune femme. Sa mission : déchiffrer un cryptogramme caché dans un document détenu par le gouvernement de Téhéran. Un manuscrit écrit de la main d'Albert Einstein dont le contenu pourrait bousculer l'ordre mondial.
Tomas Noronha devient alors un agent double censé collaborer avec les Iraniens pour informer l'Occident. Mais au cours de son enquête, il découvre que le fameux manuscrit contient beaucoup plus de choses que ne l'espéraient ses différents commanditaires. Il serait tout simplement la preuve scientifique de l'existence de Dieu.

 

Le résumé et les premiers chapitres du livre m’auraient presque fait croire que j’avais un roman d’espionnage entre les mains : très vite, le pauvre – mais très attachant ! - Tomas Noronha est pris dans des conflits qui le dépassent, et on retrouve la classique figure de l’agneau convoité par trop de loups… Mais très vite aussi, l’enjeu scientifique et métaphysique se met en place. Les développements autour du manuscrit d’Einstein sont passionnants, et les personnages se transforment en vulgarisateurs. C’est parfois un peu poussif, mais nécessaire et surtout très intéressant. L’intrigue autour du déchiffrage de l’énigme laissée par Einstein permet de faire passer l’ensemble avec plaisir. Rajoutez quelques ingrédients du roman d’espionnage – la femme fatale mais peut-être duplice, quelques portes forcées avec les conséquences qui vont avec, quelques évasions, quelques doubles jeux… -, et ce roman devient un génial divertissement sur fond scientifique. Enfin, tout cela est valable aussi longtemps que les personnages pensent que le manuscrit d’Einstein a quelque chose à voir avec les armes nucléaires…

 

…car dès que l’on passe à la seconde lecture du manuscrit, celle qui concerne une « preuve scientifique de l’existence de Dieu », le propos devient carrément vertigineux. On se retrouve au Tibet avec un vieux boddhisattva qui va procéder à une mise en correspondance incroyablement bien trouvée entre certains textes sacrés et certaines données de la physique contemporaine. Attention toutefois ! Pas question ici de prouver l’existence d’un Dieu anthropomorphe, pourvoyeur de morale, colérique et grand censeur ; c’est du Dieu de Spinoza que l’on parle ici, du Dieu qui correspond à la Nature, à l’univers et aux forces qui le gouvernent. La Formule de Dieu n’a rien d’un thriller ésotérique.

 

Bon, je trouve qu’il reste des tas de maladresses dans ce livre, des passages qui utilisent un peu trop clairement les ficelles des best-sellers, ou dans lesquels les personnages sont un peu maladroitement peints – je pense en particulier aux moments délicats où Tomàs va être confronté à la maladie de son père. Mais c’est un bouquin passionnant, stimulant, avec beaucoup d’idées géniales… A lire sans plus tarder, donc !

 

Même si je préfère malgré tout, dans le même champ, le roman que Somoza a basé sur la théorie des cordes – il s’agit donc cette fois de physique quantique – et que j’avais chroniqué ici :

 

 http://carolunelit.over-blog.com/article-la-theorie-des-cordes-de-somoza-66031716.html

 

Et je cherche toujours mon Nom de la Rose bis, donc. Si vous avez des idées…

 

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 10:56

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       En cette saison d'arrivée du froid et des virus qui l'accompagnent, rien de tel pour se requinquer qu'un bon polar ésotérique au coin du feu (ou du radiateur électrique en ce qui me concerne, mais c'est tout de suite moins fantasmatique...), non ?

 

La Fondation Stern, ses chefs-d'œuvre et ses secrets vous ouvrent leurs portes... Depuis qu'elle a été licenciée du Louvre, Valentine n'a plus de restauratrice d'art que le nom. Loin des œuvres des grands maîtres, elle est désormais réduite à redorer des croûtes et à gâcher son talent. C'est du moins l'avis du mythique Elias Stern, collectionneur d'art de renommée internationale, qui décide d'embaucher la jeune femme au sein de sa fondation. Car il sait que seule Valentine pourra restaurer le palimpseste qu'il vient d'acquérir... et peut-être révéler ainsi un texte interdit du XIIIe siècle qui a valu à son auteur - Vasalis - de finir sur le bûcher. A mesure qu'elle se penche sur ces pages maudites, c'est tout un monde que Valentine découvre. Confrontée aux érudits de l'illustre Sorbonne comme aux pires trafiquants d'art, elle comprend qu'elle a mis le pied dans une fondation à l'image de son créateur : puissante, mystérieuse, et qui semble tirer toutes les ficelles...

 

       Ooh, que voilà des ingrédients attirants ! Et cette impression se confirme dès les premières pages : un peu de Sorbonne, un peu de bibliophilie érudite, style Neuvième Porte, un peu de techniques de restauration de livres anciens, de coulisses du marché de l'art et de mystères historiques, et bien sûr un suicide mystérieux pour lancer la machine... De quoi se promettre une bien bonne soirée ! Les cent premières pages sont donc vraiment prenantes, tournant autour d'un mystérieux codex médiéval étant en réalité un palimpseste d'un obscur penseur censuré par l'Eglise, Vasalis... L'intrigue est bien menée, bien construite, cohérente. Les personnages, introduits peu à peu et présentés à des moments judicieux, sont bien campés, à commencer par Valentine, jeune restauratrice d'oeuvres d'art au passé sombre, et Elias Stern, ancien dieu du marché de l'art...

     Le milieu du livre me semble un peu plus mou (mais je suis vraiment rétive aux scènes d'action "modernes" dans ce genre de livres, alors je suis assez mauvaise langue sur ce point...), et j'avoue avoir passé vite sur l'intervention d'armoires à glace menaçantes... J'aurais voulu rester toujours penchée sur ce vieux manuscrit, à en déchiffrer les secrets...Et fort heureusement, Cardetti propose une fin elle aussi bien construite, un enchaînement haletant qui clôt l'intrigue...comme toujours, difficile à ce stade d'en dire plus !


      En un mot, un très bon moment de lecture...Je reviendrai à Cardetti, d'autant qu'il est lui-même un spécialiste d'histoire et de langue italiennes, autant dire qu'il a de quoi envelopper son livre d'un très agréable vernis d'érudition là où d'autres auteurs de thrillers de ce type semblent parfois se contenter d'une page Wikipedia : c'est agréable et instructif ! 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 08:19

 

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New York, mai 2009. Six morts violentes se succèdent en quelques jours. Les victimes n'ont aucun point commun, hormis d'avoir reçu quelques jours plus tôt une carte postale de Las Vegas, avec, inscrite dessus, une simple date, celle du jour de leur mort. Très vite, la presse s'empare de l'affaire, et celui qu'elle surnomme « Le tueur de l'Apocalypse» a tôt fait de semer la psychose dans la ville. Désorientées par l'absence d'indices, les autorités se tournent vers Will Piper, ancien profiler d'élite, dont la carrière a brutalement été interrompue à la suite d'un drame personnel. Lorsque de nouvelles cibles reçoivent à leur tour des cartes postales leur indiquant le jour de leur mort, Will va tout mettre en oeuvre pour empêcher le tueur d'agir à nouveau. Mais les noms des victimes sont déjà dans Le Livre des morts… L'enquête de Will ne va pas tarder à prendre un tournant complètement imprévu pour le mener au coeur des secrets les mieux gardés du gouvernement américain. Une mission confidentielle de Winston Churchill en 1947 auprès du président Truman, un monastère sur l'île de Wight, Area 51 : autant de pièces d'un puzzle machiavélique, que Will devra résoudre pour faire triompher la vérité. Avec cet ouvrage à la construction remarquable et à l'intensité dramatique époustouflante, Glenn Cooper manipule le lecteur et nous offre un thriller envoûtant, idéal pour les amateurs de suspense, les passionnés d'histoire, et pour tous ceux qui aiment les livres qu'on ne peut pas lâcher.

 

A force d’en entendre parler sur la toile, j’ai fini par me laisser tenter par Le livre des morts de Glenn Cooper… j’avais lu des avis trèèès enthousiastes, et d’autres plus mitigés, et j’ai fini par avoir envie de me faire ma propre opinion sur ce thriller ésotérique, genre dont je raffole mais qui m’a également souvent déçu, selon ses auteurs…

 

Le livre s’ouvre comme un thriller classique sur les serial killers : plusieurs meurtres, un rituel intriguant – ici, des cartes postales comportant le dessin d’un cercueil et la date de la mort de l’intéressé. L’enquête est confiée à un sympathique profiler du FBI, personnage classique de flic vieillissant mais séduisant, habituel et efficace. Il est, comme il se doit, flanqué d’une jeune acolyte qui se révèlera de plus en plus séduisante. Jusque là, rien ne démarque le Livre des morts du bon thriller de plage aussitôt lu, aussitôt apprécié, aussitôt oublié.

 

Sauf que…le scénario entier repose sur une idée absolument géniale, qui fait la synthèse entre le thriller et l’enquête ésotérique, et qui occasionne en plus chez le lecteur de délicieux petits vertiges métaphysiques. Cela permet en plus de brosser le portrait d’un personnage complexe qui a tout à voir avec cette idée géniale et qui travaille dans la célèbre zone 51, qui cache tout sauf des extraterrestres…En outre, la construction du livre, qui navigue entre trois époques – Moyen-Âge, 1947 et aujourd’hui – est très réussie, et les pages médiévales sont d’ailleurs de vrais bijoux d’évocation.

 

 Le seul hic, c’est que tous les points de suspension narratifs laissés dans la première partie du livre permettent, lorsque l’on prend un peu de temps pour les rassembler et y réfléchir, de deviner assez vite quelle est cette idée géniale et tordue, ce qui peut diminuer un peu la surprise finale…même si l’on est tout fier d’avoir résolu l’énigme !

 

Malgré ce petit élément, qui m’a déçue en même temps que ravie, Le livre des morts est un excellent thriller, original, très bien construit, bien écrit…et qui m’a décidée à me jeter sans plus tarder sur le Livre des âmes, sa suite, qui m’a l’air elle aussi savoureuse !

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:47

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Eeeenfin, Pendergast est de retour ! Je remercie d’ailleurs très vivement les éditions de l’Archipel de m’avoir proposé de m’envoyer le dernier volume de ses aventures, sorti début mai ! Ce dernier opus, Fièvre mutante, nous permet en outre d’aborder l’inspecteur génial sous un angle plus personnel, ce que ses groupies ne manqueront pas d’apprécier…


Les fans du brillant et excentrique agent du FBI Aloysius Pendergast l'ignoraient : il avait été marié avant de perdre sa femme lors d'un safari, en Afrique - sous les crocs d'un lion. Douze ans après le drame, Pendergast découvre qu'il ne s'agissait pas d'un accident, comme il le pensait jusque-là, mais d'un meurtre...

Qui pouvait en vouloir à Hélène ? Pourquoi a-t-elle été tuée ? Épaulé par son fidèle Vincent D'Agosta, de la police de New York, Pendergast n'aura de cesse de résoudre l'énigme.
Mais connaissait-il si bien Hélène ? Il l'avait rencontrée lors d'une exposition consacrée au peintre naturaliste Audubon. Elle semblait s'intéresser à un dessin quasi inconnu du maître. Hélas pour Pendergast, d'autres personnes sont à la recherche de ce même dessin. Une chasse au trésor et une course-poursuite commencent alors, dans une histoire où le chasseur pourrait bien être en même temps le gibier.

Après avoir affronté son propre frère, Diogène, Pendergast va se retrouver face à un ennemi machiavélique.

 

Après Valse macabre, que j’avais trouvé en demi-teinte, Preston et Child nous reviennent en très grande forme ! Je crois avoir dévoré Fièvre mutante en moins de vingt-quatre heures, avec une tension qui va crescendo et se complique délicieusement…


On avait déjà entendu parler, dans les tomes précédents, d’Hélène, la femme que Pendergast avait perdue lors d’un tragique accident de chasse. Là, le lecteur est ravi d’en connaître plus sur elle – l’épouse de Pendergast est forcément un personnage hors du commun. L’intrigue est lancée lorsque Pendergast comprend, grâce à une de ces fines déductions dont il partage le secret avec Sherlock Holmes, que sa mort n’a pas été accidentelle. Pendergast invite donc son ami d’Agosta, policier de son état et personnage de plus en plus subtil et attachant au fil des volumes, à l’accompagner dans son enquête sur le meurtre de sa femme.


Comme toujours alors, les auteurs savent se montrer généreux : on voyage beaucoup dans ce livre, de l’Afrique à la Louisiane, et les éléments de l’intrigue oscillent toujours entre le scientifique et le spectaculaire : j’ai trouvé particulièrement passionnante l’intrigue autour des œuvres du peintre animalier Audubon et d’un étrange tableau qu’il aurait peint…

Pendergast continue à épater, avec son intelligence, son élégance, son érudition et, ici, son sens diabolique de la manipulation – une certaine scène à la fin du livre m’a carrément fait penser au Silence des Agneaux, Pendergast devenant une sorte de Hannibal Lecter, en plus positif disons…


Bref, encore une fois avec Preston et Child, j’ai l’impression géniale d’être un enfant à qui l’on raconte une histoire palpitante, avec des personnages attachants, des idées scénaristiques bluffantes, des thèmes scientifiques passionnants. Si je devais résumer l’impression que me font ces deux auteurs en un mot, ce serait : générosité. Ce sont des auteurs qui se creusent la tête pour offrir un lecteur un immense plaisir de lecture.


Un seul bémol peut-être au sujet de la traduction du titre : Fièvre mutante, ça fait vraiment série B et ce n’est peut-être pas engageant pour ceux qui n’ont pas encore rencontré Pendergast. Mais c’est vraiment mineur par rapport aux heures de lecture délicieuses que vous promet ce livre !

 

Je me suis d'ailleurs mise à relire la "trilogie Diogène", ensemble de trois volumes des aventures de Pendergast que je n'ai pas encore chroniqués sur mon blog...cela ne saurait tarder ! Et j'en profite pour mettre à jour la liste de mes articles consacrés à ce cher Aloysius, que vous trouverez à la fin de cet article : Clic ! 

 


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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 09:05

 

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Premier Noël en famille pour le commissaire Duncan Kincaid, sa compagne, le sergent Gemma James, et leurs deux fils respectifs. Vacances aussi attendues que redoutées dans la ferme des parents de Duncan au coeur du pittoresque Cheshire. Mais le froid, la neige et le brouillard qui ensevelissent les canaux alentours masquent mal les tensions. Surtout après la découverte du cadavre momifié d’un enfant, scellé dans le mur d’une vieille grange. Tandis que le couple vient en aide à la police locale, un nouveau meurtre bouleverse la communauté. Loin d’être idyllique, le paradis d’enfance de Duncan recèle de bien sombres mystères, menaçant ce que le couple a de plus cher au monde…


Comme dans les romans d’Elizabeth George ou de P.D. James, les secrets de famille sous-tendent l’intrigue complexe de ce suspense psychologique impressionnant.


Bon, autant le dire tout de suite, mon avis sera loin d’être enthousiaste… j’ai postulé pour ce livre parce que j’apprécie particulièrement les polars « psychologiques » où il n’y a pas seulement une enquête, mais aussi une manière de mettre les personnages face à leurs doutes, leurs contradictions, leur passé, un peu comme dans les  Lieux Infidèles de Tana French que j’avais beaucoup apprécié.


Mais je ne suis pas du tout entrée dans Une eau froide comme la pierre. Je crois même que je n’ai jamais dû lire plus d’une trentaine de pages d’affilée, le comble pour un polar ! J’ai trouvé les personnages très « attendus », ou plutôt, j’ai eu l’impression de les avoir déjà croisés mille fois (Kit et Lally les ados en crise, Gemma le gentil petit bonhomme de 5 ans, la sœur de Kincaid, Jules, qui fuit la tyrannie masculine en devenant entrepreneur en bâtiment…), et du coup je me suis beaucoup ennuyée lors du déballage de leurs relations et sentiments respectifs – alors même que cela constitue l’essentiel des cent cinquante premières pages du roman, découverte du corps momifié d’un enfant mis à part.


Cet aspect a été d’autant plus gênant pour moi que ce sont ces ressorts familiaux et relationnels qui font avancer l’action et la résolution de l’intrigue suite à un second meurtre. En fait, c’est la banalité, le côté déjà-vu de toutes ces relations qui m’a beaucoup gênée…je comprends très bien que l’on puisse avoir envie de faire un livre qui s’appuie là-dessus, mais j’aurais eu besoin pour apprécier cela d’une vision plus personnelle, plus intime, moins banale des choses – et je renouvelle la comparaison avec les Lieux infidèles, dont le parti-pris est assez semblable.


Bref, j’ai eu l’impression que ce livre n’avait pas grand’chose à dire, ou qu’en tout cas il ne disait que des choses déjà mille fois vues ailleurs – et mieux dites, car Deborah Crombie a un style très plat que l’on retrouve dans des milliers de polars par les temps qui courent, ce que je regrette beaucoup. Cela donne l’impression d’avoir entre les mains plus un « produit » qu’une œuvre d’art : des relations familiales auxquelles chaque lecteur peut s’identifier, un style sans aspérités, une morale sauve… tout cela donne un livre qui peut servir - au mieux -  à passer le temps…


Mais malgré tout, merci beaucoup aux éditions du Livre de Poche et à Livraddict !

 

 

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 08:12

 

 

au dela du mal

 

 

Je viens d’achever la lecture de l’’une des références précoces du thriller – le livre date des années 70, bien avant la vague des thrillers sur les serial killers, dont j’ « entendais » beaucoup parler sur la blogosphère : L’Âme du mal de Shane Stevens, beau pavé de presque 900 pages qui se sont faites compter sur la fin…


À 10 ans, Thomas Bishop est placé en institut psychiatrique après avoir assassiné sa mère. Il s'en échappe quinze ans plus tard et entame un périple meurtrier à travers les États-Unis. Très vite, une chasse à l'homme s'organise : la police, la presse et la mafia sont aux trousses de cet assassin hors norme, remarquablement intelligent, méticuleux et amoral. Les destins croisés des protagonistes, en particulier celui d'Adam Kenton, journaliste dangereusement proche du tueur, dévoilent un inquiétant jeu de miroir, jusqu'à un dénouement captivant. A l'instar d'un Hannibal Lecter, Thomas Bishop est l'une des plus grandes figures du mal enfantées par la littérature contemporaine, un héros " terrifiant pour lequel on ne peut s'empêcher d'éprouver, malgré tout, une vive empathie. Au-delà du mal, épopée brutale et dantesque, romantique et violente, à l'intrigue fascinante, constitue un récit sans égal sur la façon dont on fabrique un monstre et sur les noirceurs de l'âme humaine.


En entamant ma lecture, j’ai clairement ressenti la même admiration que beaucoup pour ce livre : il début en effet par une centaine de pages absolument géniales et remarquablement écrites sur les parents de notre serial killer, Thomas Bishop, qui m’ont rappelé certains grands romans américains, secs et efficaces. La lecture de ces cents pages justifierait presque à elle seule de se plonger dans ce livre.


L’étape suivante, c’est-à-dire la « naissance » de Thomas Bishop comme tueur en série, est elle aussi remarquable : on suit de l’intérieur cet être machiavélique, extrêmement intelligent, totalement névrosé (on s’en doute …) dans ses machinations toutes plus géniales les unes que les autres pour s’évader d’un hôpital psychiatrique puis commencer son « œuvre ». Là encore, c’est du grand art. Tout cela est habilement entremêlé de passages sur le rôle de la presse ou le débat sur la peine de mort, donnant au livre une résonance historique très intéressante.


J’ai en revanche été un peu déçue par la seconde moitié du roman, c’est-à-dire par la chasse à l’homme organisée par la police, puis par un journaliste, pour arrêter Thomas Bishop qui devient de plus en plus insaisissable. Plusieurs intrigues sont alors mises en parallèle, d’une manière au début intéressante puis assez répétitive, jusqu’au final qui est, pour le coup, à couper le souffle mais qui arrive peut-être un peu tard. A cela s’ajoutent quelques maladresses de style, dont un recours trop fréquent et trop balisé à mon goût au discours narrativisé, qui a l’avantage d’épouser les réflexions des différents acteurs mais crée à la longue une certaine lourdeur.


Bref, je comprends très bien la place particulière de ce roman dans l’histoire du thriller et son caractère novateur dans le traitement des serial killers, sans le placer pour autant comme certains parmi les chefs d’œuvre de la littérature contemporaine.

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 09:56

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Avant tout, merci à Blog o Book et aux éditions Pocket pour cette découverte de Sire Cédric et de son Enfant des Cimetières !

 

Une fois n’est pas coutume, je renonce à vous transmettre la quatrième de couverture : la manière dont le livre y est résumé est en effet à mon sens une hérésie, qui gâche le plaisir de la lecture des cent premières pages. Mon œil y est tombé par hasard alors que j’étais encore dans les premiers chapitres, et j’ai regretté d’avoir appris bien trop de choses par anticipation. Donc, attaquez directement le livre sans vous renseigner plus amplement sur lui : je pense sincèrement que votre lecture n’en sera que plus marquante ! Contentez-vous de savoir qu’il y aura des morts, beaucoup, du sang, encore plus, avec moult descriptions anatomico-dégoulinantes fort réussies mais qui interdisent d’emmener ce livre à la table du petit-déjeuner, et une belle utilisation des thèmes du surnaturel et de l’au-delà, d’une manière que j’ai trouvée particulièrement forte et originale. Tout cela tourne autour d’un mystérieux tueur en série adolescent, fantomatique, qui entre dans l’esprit de ses victimes pour les torturer et les mener à la mort, et de l’enquête d’un journaliste-photographe, David, autour de ces crimes qui vont le toucher d’une manière bien plus intime que prévu.

 

L’aspect thriller du livre m’interdit bien sûr d’en dire plus, mais je vais essayer de rassembler quelques impressions… Je dois dire avant tout que j’ai bien failli ne pas poursuivre au-delà du prologue, qui correspond à une scène morbido-érotico-mystique que j’ai trouvée pleine de clichés et maladroitement écrite…et puis j’ai poursuivi, et grand bien m’en a pris !

On est très vite pris dans l’intrigue, menée avec talent, certains personnages sont absolument splendides, avec une mention spéciale pour Kristel, et la part surnaturelle du scénario est finalement traitée d’une manière subtile et maligne.

 Sire Cédric a en outre une écriture efficace, parfois très émouvante, toujours bien sentie, qui ne peut que donner envie d’avancer dans l’histoire.

Enfin, j’ai été totalement séduite par la beauté, à la fois théorique et physique, de certaines idées autour de la peinture de Kristel…là aussi, je vous laisse le découvrir, mais ces passages ont provoqué chez moi une grande émotion.

 

Bref, voilà un auteur plein de talent et une lecture plus qu’agréable… si l’on excepte pour moi le prologue, qui, comme le dit l’auteur dans ses remerciements, a été écrit bien avant le reste : signe que Sire Cédric a progressé à pas de géants et qu’il faut donc attendre encore plus de ses œuvres plus récentes ou à venir !

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 09:59

 

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Allez, on reste du côté de chez Pendergast, puisque j’ai lu Les croassements de la nuit récemment…au mépris de l’ordre des différentes volumes, mais chacun peut s’apprécier séparément.

Les croassements de la nuitconstitue le quatrième tome des aventures de l’inspecteur, et prend donc sa place juste après la génialissime Chambre des curiosités, qui reste, de loin, mon préféré.


Au milieu d'un champ de maïs, une clairière. Sur des flèches indiennes, une vingtaine de corbeaux empalés. Un cercle macabre au centre duquel gît le corps mutilé d'une femme. Selon toute vraisemblance, l'œuvre d'un dément... Ce crime, le premier d'une étrange série, plonge dans l'angoisse les habitants de Medicine Creek, bourgade du Kansas. Pour l'inspecteur Pendergast, du FBI, le coupable n'est autre qu'un serial killer d'un nouveau genre. Quel crédit accorder à la Légende des 45, selon laquelle le fantôme de Harry Beaumont, mort en 1865, hanterait encore la région pour se venger ? A moins que l'inspecteur n'ait à redouter un adversaire plus mystérieux encore, aussi insaisissable qu'un spectre.


On le voit tout de suite : l’intrigue se déroule loin de New York et  de son Muséum d’Histoire Naturelle. On  ne retrouve donc pas les personnages habituels – Smithback, d’Agosta, Nora Kelly… -, ce qui n’est pas forcément désagréable car cela nous donne l’occasion de voir évoluer Pendergast dans toute sa splendeur…


Et son enquête va se révéler passionnante : puisqu’il s’agit de crimes apparemment rituels, Pendergast met en œuvre son érudition habituelle, ce qui fait que l’on ne perd pas le délicieux côté savant des autres tomes. Il enquête dans une petite bourgade reculée qui tient à son image et à sa tranquillité – les affrontements entre Pendergast et le shérif local sont à ce titre particulièrement savoureux… -, et recrute, pour l’informer sur la vie locale, une jeune marginale du village, très beau personnage qui peut rappeler Lisbeth Salander dans la trilogie Millenium. La progression de l’enquête de ce duo incongru est mise en parallèle avec de nouveaux crimes commis par un être qui apparaît comme de plus en plus mystérieux. Certaines scènes ou idées sont très originales et absolument terrifiantes – je me souviens notamment d’une fin de chapitre qui m’a laissée complètement hébétée, tant l’idée qui y était développée était diabolique. Le roman culmine enfin dans une course-poursuite dont je ne peux hélas pas dire grand’chose de plus – cela révélerait trop vite certaines clés du livre – mais qui vous empêche d’arrêter votre lecture durant deux-cents pages… Comme toujours, le rythme est très bien maîtrisé et le style plus qu’agréable…Du pur plaisir !


Bref, c’est un excellent moment de lecture, qui n’égale pas tout à fait la Chambre des Curiosités que je trouve plus intéressant quant aux thèmes développés, mais qui vous promet une bonne nuit blanche !

…Et vous trouverez le récapitulatif mis à jour de mes critiques sur les différents volumes des aventures de Pendergast à la fin de cet article : Clic !  

 

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