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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 12:39

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Antiquolâtre que je suis, j’ai postulé il y a quelque temps pour le livre Peur sur Lutèce de Patrick Demory, un amateur d’Antiquité romaine et de reconstitutions grandeur nature. Merci donc avant tout à Blog o Book et aux éditions Calleva pour avoir eu la gentillesse de me donner l’occasion de lire ce livre !


Lutèce, capitale des Gaules, janvier 358 de l'ère chrétienne.

Victorieuses des envahisseurs alamans, les légions du César Julien passent un hiver de repos sur les bords de la Seine. Le César lui-même a été rejoint par son épouse, Hélène, qui porte en son sein un enfant, peut-être un futur empereur.

Mais même au plus froid de l'hiver, peut-on jamais trouver la paix ? Dans les faubourgs de la cité des Parisii, des jeunes femmes agonisent dans d'atroces souffrances, victimes d'une maladie étrange. Sortilège ou empoisonnement ? Magie noire ou complot ? Comme celle du César, toutes ces femmes étaient enceintes...


 

Alors…ce n’est pas un coup de cœur, mais pas une déception non plus.

 

Ce n’est pas un coup de cœur, comme souvent, en raison du style vraiment plat à mon goût, trop appliqué, trop peu expressif, le « style neutre» du polar actuel qui malheureusement me donne de plus en plus souvent envie d’abandonner ce genre de lecture… Comme souvent, les ficelles et structures narratives sont mille fois vues…mais je l’ai déjà dit mille fois aussi sur ce blog, donc je m’arrête là en ce qui concerne le style.

 

Mais je n’ai pas non plus été déçue tout simplement parce que l’intrigue, elle, est intéressante, bien ficelée, et réveille des thèmes qui ne peuvent que faire réagir : un peu de complot politique, un peu de sorcellerie, tout cela dans une intrigue générale qui menace la vie de femmes enceintes. Le personnage de Marcus Pius est également intéressant, flegmatique et rationnel mais pas insensible, à la fois courageux et plein de moments de doute. Bref, une recette assez classique mais efficace et attachante.

 

Cela dit, je pense que l’intérêt majeur du livre réside dans la reconstitution soignée de la Lutèce romaine. J’ai particulièrement apprécié tous les éléments touchant à la vie quotidienne ou à la médecine. On sent que l’auteur a accompli avec passion un énorme travail de documentation…ce qui rend ce livre sincère et honnête, malgré ses petites faiblesses : le souvenir que me laisse Peur sur Lutèce est donc plutôt positif !

 

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 13:57

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…Merci à BoB et aux éditions Pocket pour ce partenariat !


Véritable immersion au coeur du 36, quai des Orfèvres. Une enquête en forme d'hommage à Georges Simenon où l'auteur nous mène de moments de doute en moments de tension. La Crim' est dans tous ses états. Tous les vendredis, un tueur sévit dans les milieux culturels puis nargue par l'envoi d'un courrier les policiers du 36. Après le premier assassinat d'un conseiller d'orientation, la nouvelle victime appartient encore à l'Education nationale. L'équipe du commandant Duhamel croit tenir quelque chose. Illusion : les victimes "sans histoire" s'accumulent et la Brigade criminelle du quai des Orfèvres s'inquiète de ne pas avoir de piste solide. Rien ne semble lier ces meurtres en série... sauf, peut-être, la passion des victimes pour les romans policiers. Une seule chose est sûre : la vérité n'est pas là où on l'attend.


Sang d’encre au 36 est un polar à l’ancienne : on suit une brigade du mythique 36, quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire de Paris, qui enquête sur une série de meurtres : d’abord un conseiller d’éducation, puis des enseignants, puis un éditeur…Chacun de ces meurtres est suivi de l’envoi, à un journaliste, d’une lettre anonyme dans une enveloppe portant un timbre à l’effigie de Simenon, maître du roman policier.


Les qualités de ce roman ne manquent pas : la première en est sans doute l’extrême réalisme avec lequel est décrit le fonctionnement d’une enquête au Quai des Orfèvres : l’auteur y travaille, dans la « vraie vie », comme officier de police et tient à partager avec le lecteur une foule de petits détails, du déroulement des procédures au vocabulaire spécifique utilisé par la P.J. C’est très instructif (même si parfois un peu répétitif), et la description de cet univers et de ses petites habitudes est très convaincante. J’aurais sans doute aimé que les enquêteurs soient un petit peu plus fouillés sur le plan psychologique, qu’ils aient plus de personnalité – seul le personnage de Nora m’a paru sortir du lot – mais c’est un défaut assez mineur, tant l’ensemble est efficace.


Autre qualité : la cohérence et la précision du scénario. Comme dans tous les bons polars, tous les détails comptent et ont ou auront leur utilité dans l’intrigue : au lecteur de ne rien laisser passer ! Le puzzle se met en place d’une manière très progressive, très claire, tout en ménageant jusqu’au bout certaines zones d’ombres : c’est vraiment réussi !


J’ai enfin beaucoup apprécié le côté « hommage au grand polar » de ce roman : la référence à Simenon tient une place capitale dans l’intrigue et n’a rien de décoratif, et la solution de l’énigme fonctionne elle aussi comme un coup de chapeau à la littérature policière… bref, on sent qu’Hervé Jourdain a jubilé à écrire son roman, et, forcément, le lecteur partage son plaisir ! Une belle découverte, donc, et, à nouveau, un auteur à surveiller avec attention !  

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 13:50


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           ...Je dois le plaisir de la lecture de ce livre à Livraddict et aux éditions Calmann-Lévy: merci beaucoup à eux !


            Au cours d’une vie, seuls quelques instants sont décisifs. 

            L’existence de Frank Mackey bascula par une nuit de décembre 1983. Il avait dix-neuf ans et attendait Rosie Daly au bout de sa rue, à deux pas du halo brumeux et jaune du réverbère. L’air était froid comme du verre, chargé d’un délicieux parfum de houblon brûlé venu de la brasserie Guinness. Ils avaient prévu de fuir ensemble leur quartier natal dublinois, pour vivre d’amour et de musique à Londres. Mais cette nuit-là, Frank patienta en vain. Rosie ne le rejoignit pas.
           Vingt-deux ans plus tard, devenu flic spécialisé dans les missions d’infiltration, Frank vit toujours à Dublin. Il a coupé les ponts avec sa famille et n’a jamais eu de nouvelles de son premier amour. Puis un jour, sa sœur l’appelle, affolée : on a retrouvé la valise de Rosie dans un immeuble désaffecté de Faithful Place. Forcé de revenir chez les siens, Frank revisite son passé, ses blessures de jeunesse, et toutes ses certitudes : Rosie est-elle jamais partie ?


            Les lieux infidèles se présente d’abord comme un polar, dont le narrateur est Franck Mackey, qui, devenu un infiltré, se met à enquêter a posteriori sur la disparition de son amour de jeunesse, Rosie. On le suit dans ses hypothèses, ses doutes, avec un naturel et une fluidité très agréables. Ses découvertes se prolongent sur un autre événement tragique, sur lequel il enquêtera de loin, d’une manière particulière puisque cet événement va toucher sa propre famille… Cet aspect policier du livre est agréable : l’enquête est plutôt bien rythmée, et la position d’outsider de Franck par rapport à elle – il surveille l’avancée des enquêteurs pratiquement à titre privé - crée un point de vue original sur les faits.


Mais ce que j’ai le plus apprécié dans ce livre est son aspect social : il s’agit en effet d’une très belle plongée dans les quartiers ouvriers de Dublin, à Faithful Place. Cet univers est décrit sans concession, d’une manière très dure – alcoolisme, pauvreté, relations difficiles dans les familles – mais sans aucun misérabilisme, un peu à la Ken Loach. Du coup, on partage complètement les sentiments complexes de Franck à l’égard de cet univers : il l’a fui, mais s’en est nourri ; il voulait tenir sa petite fille à distance de sa famille, mais n’est pas si mécontent que cela du fait qu’il l’ait découverte malgré lui… Rosie, son amour de jeunesse, symbolise un peu la beauté franche et simple que le narrateur a trouvée dans ce monde-là, tout en le rejetant totalement en raison du désespoir qu’il dégage… Bref, j’ai trouvé dans ce livre une belle fresque sociale, subtile, évocatrice… La fratrie Mackey, notamment, est très touchante.

Tous les personnages sont très réussis, à la fois complexes et naturels ; la difficulté de leurs relations et l’amour qu’ils se portent est très bien suggéré, sans aucune lourdeur.

 

Finalement, si Les lieux infidèles est estampillé « polar », j’ai trouvé que ce livre était avant tout un très beau roman social, réussissant à créer des atmosphères très justes dont l’impression persiste bien après la lecture : c’est vraiment sur cet aspect que le talent de Tana French est le plus évident et le plus original, l’intrigue policière en elle-même n’étant pas exceptionnelle, même si elle est intéressante. Je vais donc surveiller avec attention cette jeune auteure, et m’empresser de lire La mort dans les bois et Ecorces de sang...

 

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 18:07

        le-cercle-de-la-croix-photo.jpg

 

 

 

   Université d'Oxford, 1663. Le professeur Grove est retrouvé mort dans son cabinet. L'autopsie est formelle : il y a des traces d'arsenic dans son foie. L'enquête conduit à l'arrestation de sa servante. Interrogée, elle est jugée, condamnée et exécutée. Que s'est-il réellement passé ce jour-là ? A ces questions quatre temoins apportent des réponses différentes et contradictoires. Le premier est Marco da Cola, médecin vénitien, qui se trouvait à Oxford au moment des faits. Son témoignage est contredit par celui de Jack Prestcott, fils d'un traître mort en exil, ainsi que par celui du Dr John Wallis, maître espion au service du pouvoir. Il faudra attendre le récit de John Wood, historien, pour entrevoir ce qui pourrait être la vérité.


          Quel plaisir que ce gros whodunnit à la sauce anglaise ! Ce roman malin et passionnant nous donne à lire successivement les témoignages de quatre personnages différents au sujet des mêmes événements : le meurtre du professeur Grove et l’exécution de sa servante suite à un procès ayant duré moins d’une heure.


              Cette construction en quatre parties distinctes, correspondant à autant de points de vue, n’est pas répétitive du tout, car les quatre personnages-témoins sont très différents les uns des autres et essaient chacun de faire avancer sa propre histoire : en plus de l’enquête sur la mort de Grove, il y a donc quatre mini-romans à lire, nous plongeant chacun dans des aspects différents de l’univers de l’époque… De plus, cette succession de quatre récits est un jeu pour le lecteur -  à lui de démêler les fils et de réfléchir pour trouver la vérité ! – en même temps qu’un piège : on passe 250 pages avec chaque témoin, donc pas mal de temps, et on finit par ressentir une certaine confiance envers son témoignage…parfois à tort ! Ce petit côté « piégeux » m’a vraiment beaucoup plu…


            Le Cercle de la croix est donc un polar malin, mais aussi un très beau roman historique : Iain Pears connaît bien son sujet et met en scène de nombreux aspects de l’univers du XVIIè siècle et de l’Angleterre de cette époque en particulier. On assiste par exemple aux balbutiements de la médecine expérimentale et  à des expériences astrologiques très poussées ; on écoute des débats entre empiristes et idéalistes, entre papistes et protestants, entre partisans du parlementarisme et tenants de l’absolutisme (la première révolution anglaise étant passée depuis peu…) ; on observe les conditions de vie de l’époque, entre les poux, la petite vérole et la bière amère brassée artisanalement dans des gargotes infernales… Tout cela, en plus, n’est jamais lourd, jamais trop didactique : les éléments historiques sont bien répartis entre les quatre témoins, l’aspect policier et l’aspect historique sont bien équilibrés.

            De la solution de l’énigme, je ne dirai bien sûr rien, mais je ne peux que vous encourager à lire ce livre ludique, malin, érudit, à la fois exigeant et accessible…à condition d’avoir quelques heures à lui consacrer !

 

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