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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 16:41

 

ileducrane.jpg

 

 

 

David Eliot vient d'être renvoyé du collège et cette fois ses parents ont décidé de sévir !
David se retrouve alors dans une école bien étrange, sur la sinistre Ile du crâne, au large de l'Angleterre. Très vite, il soupçonne le pire, mais il est encore loin de la vérité...

 

 

...Petite lecture d’un roman jeunesse qui a fait parler de lui en particulier au moment de la publication du premier Harry Potter, l’auteur ayant accusé J.K. Rowling de plagiat… Alors qu’on se le dise, les points communs entre l’univers de l’Île du Crâne et Harry Potter existent, mais l’ampleur, le ton, l’inventivité, n’ont rien de commun… même si l’on retrouve, dans chaque cas, une école de sorciers à laquelle sont destinés nos héros issus du monde réel.  

 

Mon coup de cœur s’explique surtout par le ton qu’il emploie : on a affaire en effet à de l’humour noir pur sucre, très grinçant, très flegmatique, qui ne manque pas de surprendre dans un roman clairement destiné à la jeunesse. La famille du héros, David Eliot, est un modèle jubilatoire de bêtise et de cruauté, et l’auteur va plutôt loin dans le traitement de cette idée…c’est ainsi que l’on peut voir la pauvre Mrs Eliot prendre un couteau en pleine poitrine, sans broncher, le retirer et poursuivre tranquillement (ou presque, elle est systématiquement terrorrisée par son mari) sa conversation. Un peu étrange, non ? C’est justement ce qui fait tout le charme du livre… J’aurais été contente, je crois, de le lire à onze ou douze ans, pour son (petit) côté transgressif.

 

L’intrigue est sympathique par ailleurs ; on y retrouve des ingrédients classiques des histoires de sorciers (les septièmes fils des septièmes fils, le vaudou, les vampires, le sabbat…) et des romans d'aventure jeunesse (amitié, ruses de papooses, tentatives d'évasion...) et on passe donc un agréable moment, même si on ne peut que penser parallèlement à l’ampleur et la force addictive d’une certaine école de Poudlard…

 

Je vais tout de même jeter un œil à la suite, Maudit Graal 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 12:53

 

strom2.jpg

 

 

J’avais découvert avec beaucoup de plaisir Strom 1 : le collectionneur il y a quelque temps, sur le conseil de collègues, et ai donc été ravie d’avoir été sélectionnée pour recevoir Strom 2 : les portails d’outre-temps dans le cadre d’un partenariat entre Livraddict et les Editions Nathan : merci beaucoup  pour ce beau cadeau !


Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cette sympathique série pour la jeunesse, disons simplement que le Strom  est une faculté d’exploitation exceptionnelle des capacités du cerveau qui sont d’habitude en sommeil. Ceux qui ont cette faculté peuvent faire partie, après une initiation haute en couleurs racontée dans Strom 1, de la « Confrérie des Chevaliers de l’Insolite », dont la mission se trouve à mi-chemin entre une réparation des bugs de l’humanité et une recherche sur son fonctionnement et son passé, mystérieux de préférence: bien sûr, nos deux héros, Raphaël et Raphaëlle, deux jumeaux très attachants, en font partie et sont même en mission dans ce second volume, là où le premier se centrait surtout sur leur formation, à la faveur d’une enquête sur un mystérieux collectionneur et un ordinateur moderne retrouvé dans un tombeau égyptien antique.


Voici ce que nous annonce le résumé de Strom 2 :

Il y a certains secrets qu'il est préférable de taire, certaines portes qu'il vaut mieux laisser fermées. Ainsi, depuis des siècles, et grâce aux pouvoirs du Strom, la confrérie des Chevaliers de l'Insolite cache l'existence de portails ouvrant sur l'inconnu. Membres de la future génération de chevaliers, Raphaël et Raphaëlle découvrent l'un de ces passages: un portail d'outre-temps, qui permet de voyager dans le passé - au risque de ne jamais revenir...


Dans ce second volume, la formation des deux jumeaux a bien avancé : ils disposent de plus de liberté et sont acteurs à part entière de la Confrérie. Ainsi, ils sont envoyés pour enquêter sur un juge fantôme : les Chevaliers de l’Insolite ont en effet le devoir d’aider les âmes errantes à passer dans l’au-delà, mais cela présupposé une enquête pour savoir pourquoi elles ont manqué leur envol. Il s’agit là de la première intrigue du livre, mise en parallèle avec la poursuite de la formation et notamment la redoutable épreuve de la « ligne rouge », qui donne lieu à des pages très sympathiques, à mi-chemin entre la formation de Luke Skywalker par Yoda et les entraînements de Harry Potter pour combattre les Détraqueurs.  


La seconde intrigue, bien sûr liée à la première, concerne, elle, un curieux portail dans un vieux château racheté par un gangster à la retraire, portail qui permet d’accéder au passé. L’ennui est bien sûr qu’on peut le franchir par hasard, et se retrouver dans des situations pour le moins farfelues. Pas un mot de plus là-dessus, si ce n’est que j’ai beaucoup apprécié les liens avec le premier volume : tous les éléments de l’histoire finissent en fait par former un tout très cohérent, et je me suis amusée à essayer d’anticiper l’imbrication de toutes les pièces du puzzle ; cela donne au livre un côté ludique très agréable.


                De plus, les idées géniales fourmillent. Je pense par exemple à la très belle réinterprétation de l’image de la pesée des âmes des morts dans la religion égyptienne antique. Comme dans Strom 1, tout est malin et culturellement riche. Il ya de quoi s’instruire, tout en s’amusant, en particulier grâce au sympathique komolk Sparadrap et à sa folie des fermetures Eclair…- mais je vous laisse découvrir par vous-mêmes ces hilarantes créatures que sont les komolks, chaperons loufoques  des apprentis Chevaliers.


               Une lecture très, très plaisante, donc, même si je pense qu’il vaut mieux avoir lu Strom 1 avant de s’attaquer au 2 … C’est de la littérature jeunesse comme j’aime, maline, bien construite, instructive…à faire découvrir aux jeunes lecteurs !

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 17:26

 

 

le-passage-sachar.jpg

 

 

Méfiez-vous. Ce livre va vous donner envie de croquer des oignons crus. De creuser des trous de 1 mètre 50 de diamètre et de profondeur. D'escalader une montagne. De respirer vos vieilles baskets. De mettre du rouge à lèvres avant de partir à la poursuite de vos ennemis. De tout savoir sur l'existence oubliée de votre arrière-arrière-arrière-grand-mère. Et ce, même si vous haïssez les liliacées, même si vous détestez l'alpinisme et les travaux forcés, même si vous avez les cosmétiques en horreur autant que les odeurs de pieds, et même si la généalogie et les histoires de famille vous indifférent profondément. Maintenant, pour échapper à tout cela, c'est simple. Il vous suffit de ne pas imiter les centaines de milliers d'adolescents américains qui ont déjà plébiscité ce livre, et de ne jamais l'ouvrir.

 

Voici un drôle de roman jeunesse ! Drôle dans tous les sens du terme, d’ailleurs…

 

Le Passage raconte l’histoire de Stanley Yelnats, un adolescent incroyablement poissard, que l’on envoie au camp de redressement du Lac Vert pour avoir volé les baskets – malodorantes, en plus !  – d’une star du base-ball, crime dont il est d’ailleurs innocent. Le Camp du Lac Vert est en réalité un gigantesque désert, et les travaux forcés auxquels Stanley va devoir se plier consistent à creuser des trous d’1m50 de diamètre sur 1m50 de profondeur. Cela tombe bien, c’est exactement la longueur de la pelle fournie aux garçons. Un trou par jour, telle est la règle, et nul ne quitte le chantier avant d’avoir fini… Cet étrange travail est ordonné par le mystérieux « directeur » du camp, dont on ne voit généralement que les sous-fifres, parmi lesquels le terrifiant Mr Monsieur, mais tous les garçons s’y plient docilement sous peine de sévères sentences, sans savoir à quoi ces trous pourront bien servir. Aucune évasion ne semble d’ailleurs possible : le désert est infesté de lézards jaunes, dont la morsure est mortelle, et, de toute façon, il n’y a pas d’eau à des kilomètres à la ronde…

En parallèle nous est racontée l’histoire de l’arrière-arrière-grand-père de Stanley, qui a condamné toute sa descendance à la malchance en omettant de tenir une promesse fait à une vieille gitane, et de sa rencontre avec une certaine Katherine Barlow, ancienne institutrice dont l’amour de jeunesse, un jeune homme noir, avait été lynché par les habitants de son village, et qui décida alors de devenir une sorte de Calamity Jane, tuant les hommes par ses baisers…  

Bien sûr, les deux intrigues vont se rejoindre, d’une manière à la fois logique et inattendue, une fois que Stanley aura décidé de s’évader du camp en compagnie d’un autre garçon, surnommé Zéro…

 

                Le premier attrait de ce roman jeunesse réside dans son côté déjanté : le livre fourmille d’idées toutes plus loufoques les unes que les autres – les baskets puantes comme objet du délit de Stanley, les surnoms des camarades de Stanley au camp, les terrifiants lézards jaunes, le régime à base d’oignons crus (point important du livre…je n’en dis pas plus !)…

                D’autre part, c’est un livre habilement construit, avec plusieurs niveaux de narration très bien articulés entre eux et des allers-retours constants et naturels entre le passé (l’arrière-grand-père de Stanley et Katherine Barlow) et le présent (ce qui se passe au camp du Lac Vert). Cela rend le récit plus dynamique et intrigant, et c’est très réussi.

                Mais c’est aussi et surtout un roman initiatique très original : il délivre des messages profonds, sur l’amitié, l’engagement, l’intégrité, sans jamais paraître moralisateur mais au contraire en suggérant toutes ces idées sur fond de loufoquerie… Un livre à la fois léger et profond, donc, divertissant et marquant, à offrir aux ados de notre entourage en négociant avec eux une clause d’emprunt !

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 12:02

 

momo-petit-prince-des-bleuets.jpg

 

 

A mille lieues du délicieux venin du Journal d’Edith, j’ai bien envie de vous parler d’un livre jeunesse plébiscité par mes élèves de 6ème…et par moi : Momo, Petit prince des Bleuets de Yaël Hassan. Il s’agit de l’un de ces romans dits « jeunesse » dont on peut s’émouvoir et se souvenir quel que soit notre âge…


C’est l’histoire d’un petit garçon de onze ans, Momo, qui vit à la cité des Bleuets, avec sa famille. Comme il le dit, la vie n’y est « pas toujours drôle », mais il oublie ses soucis en s’évadant sur son île imaginaire, qu’il plante de bleuets (y compris des bleuets roses !), et en allant lire sur un banc isolé à l’autre bout de la cité. Mais, un jour, il rencontre sur ce banc un vieil instituteur à la retraite, Monsieur Edouard, qui va lui parler des livres et de la vie… Monsieur Edouard habite en maison de retraite – ses amis de là-bas l’aideront d’ailleurs une nuit à repeindre avec Momo les murs de la cité – et est atteint de la maladie d’Alzheimer. Momo va alors l’accompagner dans ses derniers moments de lucidité et ses dernières facéties, avant de devenir la mémoire de ses lectures…


           Il s’agit d’un livre émouvant, simple et lumineux, sur l’amitié inattendue d’un vieillard et d’un petit garçon, et sur la transmission entre générations des trésors que sont les livres. Il y est fait allusion à de nombreux livres – Le Petit Prince de Saint-Exupéry, comme le titre le laisse entendre, ou encore La Vie devant soi de Romain Gary, dont le héros s’appelle lui aussi Momo…- et les thèmes de la littérature et du plaisir de lire sont traités avec grâce et légèreté, et avec une jubilation qui ne peut que donner envie de découvrir les livres dont parle Monsieur Edouard…puis tous les autres ! Y sont également évoqués des thèmes forts tels que la vieillesse, la mort, la confiance en soi, l’intégration, avec une finesse qui ne donne jamais l’impression que l’auteur veut donner une leçon, mais qu’au contraire il fait confiance au lecteur, grand ou petit, pour comprendre ce qu’il y a à comprendre derrière ce récit généreux et juste. Ce roman jeunesse est donc un vrai petit bijou, à mettre entre toutes les mains…

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