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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 17:11


           Dans le cadre du Challenge « Regarde ce que tu lis » proposé par Nodreytiti sur Livraddict, un petit mot sur deux œuvres que  j’adore : Dracula par Bram Stoker, et par Francis Ford Coppola…


Le livre…

 

 

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Aaah, ce livre, je l’ai lu et relu, et c’est toujours un plaisir… Il raconte l’histoire de Jonathan Harker, un jeune clerc de notaire anglais, qui est envoyé dans les Carpates pour finaliser une importante transaction immobilière (la vente d’une abbaye londonienne et d’autre terrains) auprès du Comte de Dracula, après la défection de son prédécesseur, qui a mystérieusement sombré dans la folie… Il arrivera bien sûr chez qui l’on sait, et, après un accueil royal quoique surprenant (un festin l’attend, mais son hôte a bien sûr, « déjà mangé »), il découvrira petit à petit que le comte n’est pas le charmant gentleman qu’il paraît être… C’est d’abord le journal de voyage de Jonathan que nous lisons, avant de lire des pages du journal de sa fiancée, puis des journaux de recherches de différents médecins qui se retrouveront également dans l’affaire… Il s’agit donc d’un roman à plusieurs voix, sans aucune narration extérieure, et cette polyphonie est tellement bien maîtrisée qu’elle vaut à elle seule la lecture.

Si Mina a un rôle à jouer, c’est parce que sa meilleure amie, Lucy, va être victime des attaques du Comte, et aussi parce que c’est un magnifique personnage féminin, sensible, subtil, rationnel, auquel Bram Stoker accorde une très grande place…j’y vois toujours une splendide marque de féminisme !

Les autres personnages sont également passionnants, et notamment le groupe de médecins et de scientifiques qui vont se pencher d’abord sur le cas de Lucy, puis s’attaquer directement à Dracula. A leur tête se trouve le génial et truculent Van Helsing, médecin à l’esprit aigu, anticonformiste, généreux et bourru…


Je ne veux pas en dévoiler plus sur l’histoire elle-même – soit vous la connaissez, soit vous m’en voudrez de trop en révéler ! – mais Dracula est vraiment un grand roman, dense, magnifiquement écrit, et très instructif sur beaucoup de points de la société anglaise de la toute fin du XIXè siècle, de la place de la femme aux évolutions de la médecine et de la psychiatrie.  


Le film…

 

 

affiche-dracula.jpg

 


Là encore, une oeuvre culte pour moi ! Coppola s’est attaché à suivre de près le roman de Stoker – le titre qui apparaît au générique est d’ailleurs Bram Stoker’s Dracula -, tout en modifiant certains aspects pour rendre l’œuvre plus contemporaine, surtout en ce qui concerne la relation entre Dracula et Mina : je vais y revenir.


Mais d’abord : quelle beauté ! ça c’est du cinéma comme je l’aime : il y a un travail splendide sur l’image – au tout début par exemple, avec les guerriers empalés montrés en ombres chinoises sur fond rouge, emprunt à Kurosawa -, sur les ambiances… Tout est soigné et somptueux, on sent à chaque plan le plaisir et la générosité du réalisateur... Les images sont d’un romantisme (et parfois d’un érotisme) enivrant…


L’adaptation du scénario est elle aussi très réussie : tous les éléments du roman sont repris, avec quelques modifications bien senties, qui, je trouvent, rapprochent le spectateur contemporain de l’oeuvre. Le film prend par exemple un aspect historique, avec une scène dans l’un des premiers cinémas de Londres, Coppola rendant ainsi hommage aux pionniers de cet art…

Mais la modification principale touche, comme je le disais, la relation entre Dracula et Mina : là où le roman de Stoker insiste sur le fait que Dracula est finalement une âme damnée à laquelle il faut offrir la paix, Coppola propose une autre lecture, tout aussi passionnante, du personnage, en faisant de Mina la réincarnation de l’amour de sa vie, qui s’est suicidée pendant les guerres contre les Turcs parce qu’elle croyait son mari mort : découvrant cela, Dracula a renié Dieu, se faisant un vampire – et bon sang (sans jeu de mots !), que la scène d’ouverture du film, consacrée à cet épisode, est sublime !! : Mina devient du coup un personnage plus ambigu, plus fragile aussi, et plus important car elle sera la principale actrice de la « délivrance » de Dracula.


Pour ne rien gâcher, le film est servi par des acteurs absolument magnifiques, avec un coup de cœur spécial pour Winona Ryder, qui passe en un instant de la candeur à la damnation, et Anthony Hopkins, splendide en Van Helsing…sans parler bien sûr de Gary Oldman, stupéfiant dans les différents visages du Comte...

 

 

 


Deux œuvres d’un romantisme fou, à lire et/ou voir absolument !

 

 

 

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 10:59

            Pour inaugurer ma participation au challenge « Regarde ce que tu lis » proposé par nodreytiti sur Livraddict, un cas particulier d’adaptation de livre en film puisque Eric-Emmanuel Schmitt a lui-même écrit et réalisé l’adaptation de son roman au cinéma : Oscar et la dame rose.

 

Le roman…

 

 

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              Oscar et la dame rose est un livre que j’ai beaucoup aimé. Il raconte les derniers jours de la vie d’un enfant leucémique…sujet difficile que Schmitt parvient à traiter avec beaucoup de grâce et de légèreté.

              A l’hôpital, Oscar rencontre une « dame rose » qui travaille pour une association d’accompagnement des enfants hospitalisés : c’est une vieille dame qui semble plutôt brutale, a un langage de charretier, dont Oscar apprécie la franchise…puisqu’il souffre de voir ses médecins et surtout ses parents le traiter avec distance et maladresse depuis qu’ils savent que sa mort est proche. Mamie Rose – c’est le surnom qu’il va lui donner – est la seule à sembler capable de parler franchement de la vérité avec Oscar, et il va donc demander à la voir tous les jours… Elle obtient l’autorisation de le visiter chaque jour pendant douze jours – Oscar comprend bien vite la tragique signification de ces « douze jours » d’autorisation – et lui propose un jeu : chaque jour comptera dix ans pour lui. Elle lui propose également d’écrire chaque jour une lettre à Dieu : ce sont ces lettres qui constituent le roman. On lit donc chaque jour les réflexions et progrès d’Oscar dans sa vie, dans une sorte de croissance et de maturation accélérée, et à chaque âge correspondent certains questionnements.

               Les personnages d’Oscar et de Mamie Rose sont magnifiques. Oscar va petit à petit s’apaiser – normal, il gagne dix ans de sagesse par jour !- , pendant que Mamie Rose va inventer mille ruses pour distraire Oscar tout en lui permettant de réfléchir sereinement sur sa situation. Par exemple, elle s’invente un passé de catcheuse et raconte à Oscar ses combats avec les redoutables Plum Pudding et  Téton Royal ! Cela donne des moments à la fois drôles – un faux combat de catch avec un vocabulaire de poissonnière, ça ne se manque pas ! – et bouleversants, car on voit Oscar avancer dans sa vie – il vit les affres sentimentales de l’adolescence, puis épouse Peggy Blue, une de ses voisines de chambre, puis rencontre le démon de midi et est bien content ensuite d’avoir passé la cinquantaine…  - en proposant une réflexion lumineuse sur la maturité.

            Ce tout petit livre – comptez une heure de lecture – est donc un petit bijou, drôle, bien écrit, profond et bouleversant…

 

Le film…

 

 

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                Eric-Emmanuel Schmitt a choisi d’adapter lui-même son roman, et je pense que cela a permis de conserver intacte une bonne part de la poésie du livre, au prix de quelques transformations bien trouvées…

                L’action, qui dans le roman se passe de nos jours, est transposée dans une époque plus indéterminée, plus ancienne,  sans doute pour atténuer le côté trop cru qu’aurait donné dans le film la vision d’un hôpital contemporain. Une géniale infirmière-sorcière apparaît, jouée par Amira Casar. Cela crée un effet proche de ceux des contes – on ne sait ni quand ni où les choses se passent, mais tout nous est familier –, et c’est une bonne idée.

Schmitt a également trouvé une jolie astuce pour montrer les combats de catch de Mamie-Rose : ils se passent dans une petite boule à neige, dans la chambre d’Oscar, avec les commentaires de Mamie-Rose : là aussi, c’est très onirique et très réussi…


 

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La transformation que j’ai trouvée la moins intéressante est peut-être celle de Mamie Rose en livreuse de pizzas… c’est peut-être lié au fait que c’est Michèle Laroque, plus jeune que Mamie Rose (et que Danielle Darrieux qui l’avait incarnée au théâtre), qui l’incarne, et que, du coup, on s’attend à ce qu’elle ait une activité professionnelle…mais je n’ai pas vraiment saisi l’intérêt de cette modification.

               Mais c’est dans l’ensemble une adaptation très astucieuse, Schmitt a réussi à conserver la poésie de son livre en ajoutant des éléments merveilleux et oniriques dans son film…On sent qu’il a voulu avant tout préserver l’émotion que suscite son roman, en l’adaptant au langage cinématographique, et j’ai trouvé cela plutôt réussi, même si le film n’est pas aussi incroyablement bouleversant que le livre.

 

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 15:06

 

 

 

 

 

Allez, je me lance dans mon premier challenge de lecture grâce à Livraddict et à l'idée de Nodreytiti : il s'agit de lire les livres qui ont fait l'objet d'adaptations au cinéma...et de faire une double chronique livre + film.


C'est un challenge sans limite de temps dont les inscriptions peuvent se faire jusqu'au 31 janvier. Nodreytiti a d'ores et déjà établi quatre catégories de lecteurs :

- 1 livre : petit joueur

- 3 livres : peut faire mieux

-  5 livres : encore un petit effort

- 7 livres ou plus : the best

 

Les chroniques seront publiées sur le blog de chaque participant, avec bien sûr un lien sur le blog de Nodreytiti, que vous trouverez ici : Clic !

Vous pouvez également passer par ce lien pour vous inscrire !

 

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Pour l'instant, voici les livres/films que j'envisage de chroniquer :

- Dracula, Stoker/Coppola

- Shutter Island, Lehane/Scorsese

- Mystic River, Lehane/Eastwood

- Oscar et la dame rose, Schmitt/Schmitt (cas de figure intéressant !)

- Le Nom de la rose, Eco/Annaud

- Ripley s'amuse, de Highsmith, devenu l'Ami américain, de Wenders

- Shining, King/Kubrick

- Le Crime de l'Orient Express, Christie/Lumet


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